Cyfac change de dimension après sa liquidation judiciaire. Six mois après cette étape, l’atelier de La Fuye, en Indre-et-Loire, reprend son activité sous le nom de Maison Cyfac. Le nouveau propriétaire, Jean-Pierre Ramoul, a repris l’entreprise en avril et entend recentrer son activité sur le vélo fabriqué à la demande. Le carbone, l’acier et le titane sont désormais réunis dans une même structure.
Cette relance s’accompagne d’un abandon de la production en série. Le nouvel ensemble ne cherche plus à multiplier les modèles standardisés : l’orientation annoncée est celle du sur-mesure exclusif. Ce choix constitue un changement important pour une entreprise qui avait construit une partie de son histoire récente autour du cadre carbone personnalisé, mais aussi de petites séries en acier avec la marque Méral.
Une reprise après une période judiciaire
Le parcours récent de Cyfac explique cette nouvelle organisation. L’entreprise avait été placée en procédure de sauvegarde le 14 octobre 2025, alors qu’elle cherchait un repreneur pour ses marques, ses machines et son savoir-faire. La procédure s’est ensuite transformée en liquidation judiciaire. Le communiqué cité par Weelz évoque un marché dégradé et le contrecoup de la forte activité observée après la pandémie.
La reprise intervenue en avril permet donc à l’atelier de poursuivre son activité, mais dans un cadre différent. Jean-Pierre Ramoul, âgé de 41 ans, possède déjà CMT, une entreprise spécialisée dans le titane. Cette expérience fournit une continuité technique au projet, tandis que la nouvelle Maison Cyfac conserve les trois matériaux désormais annoncés dans son offre.
| Élément | Situation annoncée |
|---|---|
| Nom | Maison Cyfac |
| Reprise | Avril 2026 |
| Matériaux | Carbone, acier et titane |
| Positionnement | Sur-mesure exclusif |
Quarante-quatre ans de fabrication française
Le changement de propriétaire ne fait pas disparaître l’héritage de Cyfac. L’histoire de l’atelier commence en 1982, à La Fuye, un lieu-dit situé sur la commune d’Hommes. Francis Quillon, ancien coureur et artisan-cadreur chez Méral, y avait créé son propre atelier après la vente de son employeur. Les premiers cadres étaient destinés à des équipes cyclistes et pouvaient ensuite être peints aux couleurs de leurs sponsors, une pratique alors courante dans le peloton.
Cette présence dans le cyclisme professionnel a contribué à la réputation de la maison tourangelle, dont certains cadres ont roulé sous d’autres appellations. Après une période sous le contrôle d’un distributeur, l’entreprise avait été reprise en 2008 par Aymeric Le Brun. Elle s’était alors développée autour du carbone sur mesure, de la peinture personnalisée et des tandems, avec une présence allant jusqu’aux Jeux paralympiques.
Du carbone personnalisé au choix des matériaux
Cyfac avait également relancé Méral en 2018, avec de petites séries de vélos en acier. Cette expérience appartient désormais à l’histoire d’une marque qui souhaite concentrer ses moyens sur une fabrication individualisée. Le retour du titane dans le périmètre de Maison Cyfac fait écho à l’activité de CMT, tandis que l’acier et le carbone restent intégrés au nouveau projet.
- Le carbone reste associé au travail historique de Cyfac sur les cadres personnalisés.
- L’acier prolonge l’expérience développée avec les petites séries de Méral.
- Le titane s’inscrit dans la continuité de l’entreprise CMT déjà dirigée par Jean-Pierre Ramoul.
La relance de Maison Cyfac ne correspond donc pas à un simple changement d’enseigne. Elle marque une réponse industrielle à une période difficile pour le marché du vélo, avec une activité recentrée sur la fabrication à l’unité et le savoir-faire d’atelier. Pour cette maison qui revendique 44 ans d’histoire dans le vélo fabriqué en France, le sur-mesure devient désormais le principal cadre de développement.