Le peloton féminin continue de progresser, mais cette dynamique reste très inégalement répartie. Publiée le 2 novembre 2026, l’enquête annuelle de The Cyclists’ Alliance s’appuie sur les réponses de 127 coureuses et coureurs issus de six disciplines. Les données mettent en regard les conditions offertes par les différentes catégories d’équipes et soulignent un contraste marqué entre le sommet de la hiérarchie professionnelle et les niveaux inférieurs.
Des garanties plus solides au plus haut niveau
Les avancées les plus nettes concernent les athlètes engagés dans une WorldTeam. D’après les résultats présentés par The Cyclists’ Alliance, 90 % d’entre eux disposent d’un contrat de plus de deux ans et bénéficient d’un suivi médical régulier. La prise en charge des soins progresse également : seuls 19 % des coureurs et coureuses interrogés à ce niveau déclarent devoir payer eux-mêmes leurs frais médicaux.
Le rapport fait aussi état d’un salaire minimum fixé à 38 000 euros pour les WorldTeam. Cette base ne reflète toutefois pas l’ensemble des rémunérations du peloton : certaines vedettes bénéficient de propositions très supérieures, avec des montants proches d’un million d’euros évoqués dans l’enquête. The Cyclists’ Alliance présente ainsi un premier niveau de structuration salariale, sans effacer les écarts entre les différentes catégories d’athlètes.
« Les progrès doivent être célébrés », souligne The Cyclists’ Alliance dans sa présentation des résultats.
La précarité demeure dans les équipes Continental
Le tableau se dégrade nettement lorsque l’on descend dans la pyramide. Si un salaire minimum a été instauré pour les ProTeam, la situation des équipes Continental reste beaucoup plus fragile. L’enquête indique que 75 % des coureuses et coureurs de ce niveau ne reçoivent aucune rémunération de leur équipe.
| Indicateur chez les Continental | Part des répondants concernés |
|---|---|
| Aucun salaire versé par l’équipe | 75 % |
| Frais de déplacement non couverts | 52 % |
| Dépenses non remboursées | 33 % |
| Contrat signé ou négocié sans aide juridique | 56 % |
| Contrat d’une seule année | 79 % |
Ces chiffres décrivent une accumulation de risques pour les coureuses et coureurs qui tentent d’atteindre le plus haut niveau. Plus de la moitié des athlètes Continental interrogés déclarent assumer des frais de déplacement qui ne sont pas couverts, tandis qu’un tiers signale des dépenses impayées. La question contractuelle apparaît elle aussi centrale : 56 % ont négocié ou signé leur engagement sans accompagnement juridique, et 79 % sont liés par un contrat d’un an.
La pression financière pèse sur la poursuite des carrières
À titre de comparaison, seuls 10 % des membres des WorldTeam ayant répondu à l’enquête déclarent disposer d’un contrat d’une seule saison. L’écart entre les deux niveaux ne se limite donc pas au salaire : il concerne également la durée de l’engagement, l’accès aux soins, les frais professionnels et la capacité à se faire conseiller lors de la signature d’un contrat.
- WorldTeam : 90 % des répondants ont un contrat de plus de deux ans.
- Continental : 75 % déclarent ne recevoir aucun salaire de leur équipe.
- Continental : 73 % citent la pression financière parmi les raisons pouvant conduire à arrêter leur carrière prématurément.
Cette dernière donnée donne une portée particulière au rapport. Selon The Cyclists’ Alliance, 73 % des athlètes Continental interrogés associent la pression financière aux raisons d’un départ précoce du cyclisme. L’enquête ne remet pas en cause les progrès réalisés dans les structures les mieux dotées, mais elle montre que ces avancées ne bénéficient pas encore à l’ensemble du peloton. Pour le cyclisme féminin, la consolidation du haut niveau devra donc s’accompagner d’une amélioration des conditions de travail dans les équipes qui constituent la base de l’accès au professionnalisme.