Les livreurs de repas à vélo sont au centre d’une enquête ouverte après la diffusion de messages racistes et d’appels à la violence sur les réseaux sociaux. Lors d’une conversation audio organisée sur X, des militants d’extrême droite ont évoqué des agressions visant ces travailleurs, souvent issus de l’immigration, qui effectuent leurs tournées dans les rues des villes. Le parquet de Paris a annoncé, le 31 octobre 2026, l’ouverture d’une enquête pour provocation à la haine raciale.
Les propos rapportés comprennent des appels explicites au meurtre, ainsi que des références à l’empoisonnement et au mitraillage. D’autres publications apparues sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, proposeraient d’emmener des coursiers dans des endroits isolés afin de les agresser en groupe. Ces éléments ont suscité l’inquiétude des livreurs et de leurs représentants, dans un secteur déjà marqué par des conditions de travail précaires et difficiles.
Des travailleurs particulièrement exposés dans l’espace public
Les livreurs à vélo accomplissent leurs missions seuls, se déplaçant d’une adresse à l’autre avec leur sac sur le dos. Les menaces décrites ne concernent donc pas seulement des échanges en ligne : elles visent des personnes identifiables dans l’espace public pendant leur activité professionnelle. Oumaima Aouad, coordinatrice de la Maison des coursiers, a expliqué à franceinfo que les personnes concernées étaient effrayées.
« Ces personnes-là travaillent dans des conditions très précaires et difficiles, si en plus de cela, elles doivent se méfier à chaque livraison, ça complique énormément la tâche. »
La situation a également conduit le syndicat Union indépendant, présenté comme la première organisation syndicale chez les livreurs, à interpeller les plateformes de livraison. Uber Eats et Deliveroo sont notamment cités. L’organisation syndicale a dénoncé les menaces et demandé que les entreprises prennent en compte le risque auquel les coursiers pourraient être confrontés pendant leurs déplacements et leurs livraisons.
Uber Eats adresse un message de prévention
Uber Eats indique avoir envoyé des messages de prévention à l’ensemble de ses livreurs. Cette réaction intervient alors que les contenus signalés se multiplient sur plusieurs réseaux sociaux. Les faits rapportés associent ainsi deux niveaux de risque : la circulation de propos racistes et violents en ligne, puis la possibilité que certains appels ciblent directement des travailleurs dans les rues.
- Le parquet de Paris enquête pour provocation à la haine raciale.
- Le syndicat Union indépendant a alerté les plateformes de livraison.
- Uber Eats affirme avoir envoyé des consignes de prévention à ses livreurs.
- Le ministre du Travail demande aux plateformes et aux réseaux sociaux d’agir.
Le ministre du Travail demande des mesures de protection
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a condamné très fermement, samedi 31 octobre, des messages qu’il a qualifiés de particulièrement menaçants et racistes. Il a rappelé que l’activité professionnelle ne devait pas exposer un travailleur à des menaces ou à des agressions en raison de son origine, de sa nationalité, de sa couleur de peau ou de sa religion.
« Aucun travailleur de ce pays ne devrait craindre d'être menacé ou agressé dans l'exercice de son travail, en raison de son origine, sa nationalité, sa couleur de peau, ou sa religion »
Jean-Pierre Farandou demande aux plateformes de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les travailleurs. Il appelle aussi les responsables des réseaux sociaux à retirer les contenus concernés. L’enquête du parquet doit désormais déterminer la nature et la portée des messages diffusés, tandis que les livreurs et leurs représentants attendent des réponses concrètes pour pouvoir continuer à circuler et à travailler dans des conditions de sécurité acceptables.