Bardiani CSF 7 Saber se trouve confrontée à une menace sportive et économique majeure. Pointée à la 31e place du classement UCI par équipes, la formation italienne est en dehors du seuil requis pour prétendre à une participation automatique à un Grand Tour. En l’état, cette position devrait donc la priver du Tour d’Italie, une course autour de laquelle l’équipe construit l’essentiel de son projet.
Une règle qui place Bardiani hors du top 30
L’Union Cycliste Internationale applique un principe particulièrement déterminant pour les équipes engagées dans la course aux invitations : figurer dans le top 30 du classement mondial par équipes permet de prétendre à une place sur un Grand Tour. Bardiani est actuellement classée 31e. La formation se retrouve ainsi du mauvais côté de la limite, alors même que son histoire récente est étroitement liée au Giro.
| Élément | Situation de Bardiani |
|---|---|
| Classement UCI par équipes | 31e place |
| Seuil mentionné pour un Grand Tour | Top 30 |
| Épreuve menacée | Tour d’Italie |
| Perspective évoquée par Bruno Reverberi | Arrêt possible dans deux ans |
Depuis 1982, le maillot de Bardiani n’avait manqué qu’une seule édition du Tour d’Italie, en 2009. Cette absence faisait alors suite au contrôle positif à l’EPO d’Emanuele Sella, ancien coureur de l’équipe. La situation actuelle est d’une autre nature : elle découle du classement sportif établi par le barème de l’UCI, et non d’une sanction visant la formation.
Bruno Reverberi conteste le système de points
Bruno Reverberi, dont la famille dirige l’équipe depuis près de quarante ans, a vivement critiqué le fonctionnement du classement dans le podcast Triciclo. Selon lui, le barème modifie la manière de courir de ses coureurs. La formation privilégiait traditionnellement les échappées, mais chercherait désormais à conserver un élément dans le peloton afin de viser une place d’honneur susceptible de rapporter des points.
« Notre façon de courir consistait à prendre l’échappée. Aujourd’hui, on ne fait même plus cet effort, parce qu’on essaie de garder un coureur dans le peloton pour qu’il sprinte vers la dixième place afin de récolter ces maudits points UCI. »
Le dirigeant a également mis en cause l’instance internationale, déclarant : « L’UCI est incompétente. Elle a détruit le cyclisme. » Ces propos traduisent la dépendance d’une équipe de taille plus modeste à un classement qui conditionne directement son accès aux plus grandes courses. Pour Bardiani, manquer le Giro ne représenterait donc pas seulement une ligne en moins au calendrier : cela fragiliserait le modèle économique et sportif de la structure.
Des contrats limités face à l’incertitude
La formation a recruté quatre ou cinq coureurs, mais leur a proposé uniquement des contrats d’un an. Cette précaution doit lui permettre de conserver une marge de manœuvre alors que sa présence au Tour d’Italie reste compromise par sa position au classement. Reverberi a par ailleurs indiqué que le budget consacré au projet atteignait 5 millions d’euros, sans garantie de pouvoir courir l’épreuve qui constitue son principal objectif.
- Bardiani CSF 7 Saber est actuellement 31e au classement UCI par équipes.
- Le seuil mentionné pour accéder à un Grand Tour est fixé au top 30.
- Bruno Reverberi envisage une disparition de l’équipe dans deux ans.
Le dirigeant a reconnu que l’équipe avait déjà envisagé de « mettre la clé sous la porte dans deux ans ». Cette perspective n’est pas présentée comme une décision définitive, mais comme une issue possible si la formation ne parvient plus à sécuriser son accès aux grandes courses et ses financements. Pour l’heure, Bardiani reste suspendue à sa position dans la hiérarchie UCI et aux conséquences concrètes de cette 31e place sur son avenir.