Une piste en site propre promise, puis rejetée
La commune de Jette a annoncé qu'elle n’irait pas au bout du projet de piste cyclable en site propre prévu sur l’avenue du Sacré‑Cœur, rapporte Bruzz et reprend bx1. Cet aménagement devait constituer un maillon manquant de la future voie rapide cyclable régionale C212, reliant le centre de Bruxelles à Wemmel.
Malgré l’octroi d’un permis d’urbanisme pour le tronçon situé entre l’avenue du Secrétin et le Square Lorge, la commune a finalement choisi de préserver l’intégralité des places de stationnement existantes. Le projet initial, qui prévoyait une séparation physique entre la circulation automobile et les cyclistes, est remplacé par une simple bande cyclable de couleur ocre, sans séparation physique.
« On peut toujours faire mieux, mais c’est un bon compromis pour tous les usagers de la route », a déclaré Jennifer Ghesquière (MR), échevine en charge de la Mobilité à Jette, auprès de Bruzz, précisant que l’accès à vélo vers les établissements scolaires resterait assuré via le Parc des Jeunes.
Un financement public à rembourser
La commune avait obtenu un soutien financier du fonds Bike For Brussels géré par la Fondation Roi Baudouin pour couvrir l’essentiel des travaux. Ce subside, supérieur à 150 000 euros selon les informations relayées, avait été accordé pour la réalisation d’une piste séparée. Face au choix d’un aménagement moins protecteur, la commune a annoncé qu’elle procéderait au remboursement intégral du financement perçu.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Tronçon concerné | Avenue du Sacré‑Coeur (entre avenue du Secrétin et Square Lorge) |
| Destination initiale | Piste cyclable en site propre (maillon de la C212) |
| Décision | Conserver les places de stationnement et aménager une bande cyclable ocre sans séparation |
| Subside obtenu | Plus de 150 000 € (fonds Bike For Brussels, Fondation Roi Baudouin) |
| Conséquence financière | Remise en cause du subside et remboursement annoncé |
Arguments et réactions
Selon Jennifer Ghesquière, l’aménagement alternatif représente « un bon compromis entre tous les usagers ». La commune met aussi en avant un accord négocié avec la SNCB pour compenser la perte éventuelle de stationnement en proposant des places derrière la gare. Dans la présentation faite aux médias, la municipalité affirme que l’accès à vélo vers les établissements scolaires pourra se faire en sécurité en empruntant des itinéraires via le Parc des Jeunes.
- Les opposants au revirement soulignent que la suppression de la piste séparée fragilise la sécurité des cyclistes, notamment des élèves qui empruntent quotidiennement l’axe.
- La décision aura aussi une conséquence budgétaire immédiate pour la commune : le remboursement du financement obtenu auprès de la Fondation.
- Le choix illustre la tension fréquente entre maintien du stationnement, contraintes locales et objectifs de sécurité cyclable dans les projets d’aménagement urbain.
Conséquences pour le réseau régional
Le tronçon de l’avenue du Sacré‑Cœur faisait partie d’un itinéraire plus vaste, la C212, conçu comme une voie cyclable rapide régionale. Le passage d’un aménagement en site propre à une simple bande ocre risque de laisser un maillon moins protecteur sur cet itinéraire, ce qui peut réduire l’attractivité et la sécurité globale du corridor pour les déplacements quotidiens à vélo.
La commune n’a pas communiqué de calendrier précis pour les travaux modifiés ; les médias qui ont relayé l’information indiquent que des travaux de réasphaltage et d’adaptation des traversées piétonnes sont prévus. La question du remboursement du subside et des conditions associées à cette décision reste au cœur des préoccupations locales.
Sur le plan politique et technique, ce dossier illustre les arbitrages complexes auxquels se heurtent les élus locaux quand il s’agit d’articuler stationnement, mobilité active et financements externes dédiés au développement des infrastructures cyclables.