Un parcours favorable aux spécialistes du chrono, mais une montagne qui interroge
Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour de France, a livré au Het Nieuwsblad une analyse prudente sur les chances de Remco Evenepoel de contester la suprématie de Tadej Pogačar lors de l’édition 2027. Si le tracé révélé cette année intègre 71 kilomètres de contre‑la‑montre individuel — répartis en 38 km entre Blois et Chambord puis 33 km autour de Toulouse — Hinault reste sceptique sur la capacité du Belge à suivre les « accélérations brutales » en montagne.
« Ce Tour est encore trop difficile pour lui. Cette année, il a énormément progressé. Il était plus léger et grimpait beaucoup mieux. Mais il éprouve des difficultés à suivre les accélérations brutales en montagne. Evenepoel est un coureur qui grimpe à son rythme », a-t-il déclaré au Het Nieuwsblad.
Evenepoel arrive pourtant avec des arguments : sa deuxième place au classement général du Tour 2026 (à 6 minutes et 26 secondes de Pogačar), une victoire d’étape en montagne et un succès dans un contre‑la‑montre la saison passée montrent sa progression. Hinault reconnaît aussi le potentiel du Belge sur les deux chronos annoncés pour 2027, qui pourront être des rendez‑vous privilégiés pour reprendre du temps sur le Slovène.
Des forces complémentaires, des limites identifiées
La lecture de Hinault distingue deux réalités chez Evenepoel :
- Une aptitude manifeste au contre‑la‑montre — performances mondiales et récents succès attestent d’un niveau élevé dans l’exercice ;
- Une fragilité apparente dans les phases d’accélération en haute montagne, quand les sélections se font sur des changements de rythme brutaux plutôt que sur un tempo soutenu.
Pour Hinault, le parcours 2027 « offre des occasions » au Belge, mais il ne suffit pas d’avoir des étapes chronométrées pour renverser la hiérarchie si, en montagne, le concurrent ne peut répondre aux attaques sèches du leader adverse.
Conséquences sportives et stratégiques
Le diagnostic de Hinault a des implications pour la préparation et la tactique de Remco Evenepoel et de son équipe :
- une préparation ciblée sur les répétitions d’efforts courts et violents en altitude ;
- une stratégie d’équipe cherchant à limiter les pertes lors des phases d’accélération et à maximiser les gains sur les contre‑la‑montre ;
- la nécessité d’un plan de course pragmatique face à un Pogačar qui reste favori en montagne malgré sa chute et la volonté de revenir en force en 2027.
Un débat ouvert entre spécialistes
Les propos de Hinault interviennent alors que le débat sur l’équilibre du Tour 2027 fait rage dans la presse : certains estiment que la répartition de la montagne et le retour des contre‑la‑montre longs avantagent des coureurs complets comme Evenepoel, tandis que d’autres rappellent que les batailles décisives en haute montagne restent le terrain de prédilection de Pogačar.
| Élément | Chiffre ou constat |
|---|---|
| Contre‑la‑montre total | 71 km (38 km + 33 km) |
| Écart 2026 entre Pogacar et Evenepoel | 6 minutes et 26 secondes |
Au-delà des pronostics, ces analyses influencent déjà les plans des équipes pour la saison prochaine : choix de courses de préparation, charges d’entraînement et renforcement des effectifs en montagne ou au chrono. Le débat sur la capacité d’Evenepoel à « tenir » face à Pogačar en montagne reste ouvert ; la réponse se donnera sur la route, étape après étape, en juillet 2027.